Les ombrières, une opportunité à explorer?

Dans le cadre d’une transition énergétique, les ombrières, s’octroient une place de choix dans la mesure où elles permettent de valoriser de façon pertinente, des espaces importants qui ont été artificialisés. Espaces qui sont souvent par ailleurs très peu utilisés.

Elles permettent donc de fait, d’optimiser des aires de stationnement ou de stockage, en les transformant en centrales productrices d’énergie.

Outre la production d’énergie, elles apportent aux espaces qu’elles abritent, une protection contre les éléments, soleil, pluie, …

Spécificités :

D’une manière générale l’installation d’ombrières génère des contraintes qui leurs sont propres et d’autres qui sont communes à tout projet photovoltaïque. Pour aider à la réflexion nous proposons un petit tour d’horizon de l’ensemble de celles-ci accompagné d’une estimation succincte des frais qu’elles engendrent pour permettre d’en concrétiser les contours et d’illustrer la complexité de la démarche.

Contraintes administratives et techniques préalables

  • L’importance et les particularités liées à ce type de projet, nécessitent de faire appel à un bureau d’études, qui en assurera la maîtrise d’œuvre. Il assurera notamment dans un premier temps l’étude de faisabilité financière et technique du projet. Puis, il aura en charge, si le projet est viable, le suivi du chantier. (2000 à 5000 €).
  • Parmi les coûts importants à anticiper, le raccordement au réseau peut représenter d’emblée un point d’achoppement rédhibitoire. En effet, en zone rural, les réseaux de distribution sont rarement calibrés pour recevoir des injections importantes d’énergie. Le renforcement des lignes, voire l’établissement d’un transformateur dédié, peut s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros … oblitérant parfois définitivement l’amortissement du projet.
  • La construction d’ombrières est soumise à permis de construire, contrairement aux installations sur toitures, qui relèvent d’une simple demande préalable. Cela nécessite une étude par un architecte. (Environ 5000 €).
  • Au delà de 50 places, il faut une demande d’autorisation auprès de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement ), qui vérifiera l’impact environnemental du projet. L’aval de la DREAL nécessite un délai qu’il conviendra d’anticiper.
  • Un des aspects cruciaux de la construction des ombrières, est la réalisation de leur ancrage au sol. Pour mener à bien cette étape, il convient de faire appel à un bureau d’étude géotechnique, qui fera des sondages en profondeur, pour évaluer la nature du sous sol et préconiser tel ou tel type d’ancrage (vissage, fondation béton etc.) (Les coûts de cette étude sont de l’ordre de 6000€).
  • C’est seulement à ce moment là, que l’on saura vraiment, si le projet peut voir le jour ou non. Lancement des travaux
  • Une fois ces incertitudes levées, on pourra donc élaborer un cahier des charges spécifique en vue de passer les appels d’offres : un pour l’ancrage au sol, un pour la réalisation de la structure porteuse et un autre pour la réalisation du champ photovoltaïque. Certaines entreprises peuvent se charger de ces différentes parties, mais encore faut-il s’assurer qu’elles aient bien la maîtrise des multiples compétences nécessaires pour mener à bien ce type d’installation.
  • Le maître d’ouvrage aura alors pour tâche de sélectionner les entreprises, qui assureront la réalisation des différentes phases du projet.
  • Il faudra également se mettre en rapport avec une entreprise de TP qui réalisera les tranchées en partie privée, pour relier l’installation à la logette spécifique que posera ENEDIS, en limite de propriété.
  • On aura donc également pris soin au préalable de contacter Enedis, pour qu’elle assure les travaux de raccordement au réseau.

Caractéristiques de l’installation :

  • Une place de parking standard mesure 2,5 m de large par 5 m de long. Sa couverture par une ombrière permet d’installer environ 3 kWc de panneaux PV. Ainsi un parking de 50 places, permet de réaliser une installation de 150 kWc.
  • L’orientation de l’installation, sans être négligeable, est cependant moins sensible que sur une toiture. En effet, les pentes y sont faibles pour limiter la prise au vent, ce qui permet de profiter plus longtemps de l’ensoleillement.

Aspects financiers : charges.

  • Il faut savoir que la construction d’ombrières est coûteuse, du fait même des frais incompressibles qui leur sont liés (architecte, bureau d’études, sondage géotechnique, tranchées, raccordement, ancrage, structure porteuse …). Cela rend leur amortissement dans le cadre d’une production d’énergie photovoltaïque, assez long : il faut compter entre 20 et 25 ans. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de monter ces projets avec des parkings d’au moins une cinquantaine de places (ou des aires de stockage de surfaces équivalentes).
  • Leurs coûts de construction dépendent de leurs formes :
    • Les ombrières simples, qui abritent une seule rangée de voiture, ont un coût estimé hors raccordement, de 1,9 € le Wc installé.
    • Les ombrières doubles, qui abritent deux rangées de voitures en vis à vis, ont un coût de l’ordre de 1,7 € par Wc installé.
    • Ces coûts peuvent augmenter selon les matériaux utilisés (les ossatures bois sont beaucoup plus chères), ou en fonction des problèmes techniques rencontrés (ancrage, hauteur de l’ossature …).
  • Les coûts de raccordement (tranchée, logette, renforcement de lignes), on l’a vu sont déterminants pour le projet.
  • À ces coûts de construction, viendront s’ajouter par la suite : les frais d’assurance, d’entretiens préventifs et curatifs, les frais d’installation du suivi par télé-surveillance avec son abonnement, les frais de remplacement décennal de l’onduleur, les frais bancaires liés aux emprunts, etc …

Aspects financiers : les revenus.

  • La production d’une ombrière, dépendra bien sûr de la qualité de son ensoleillement, lié à son orientation, à sa pente et à la présence ou l’absence de masquage (collines, arbres, autres constructions …).
  • Dans les conditions optimales, rarement rencontrées sur le terrain, on peut obtenir une production annuelle de1100 kWh, voire 1 200 kWh par kWc installé. Mais, en pratique, il faut compter de l’ordre de 1000 kWh par kWc installé. Concrètement, cela signifie qu’une installation de 100 kWc, couvrant une trentaine de places, peut produire 100 000 kWh annuellement.
  • Concernant le rapport financier, actuellement, au-delà de 100 kWc installés, il faut passer par un appel d’offres pour trouver un acheteur pour la production électrique. Les tarifs actuels s’établissent autour de 8 centimes d’Euros le kWh produit. Il est question d’un prolongement de l’obligation d’achat pour EDF, concernant les installations allant jusqu’à 500 kWc. Le prix de rachat, serait semble t-il, de l’ordre de 9,5 centimes d’Euros le kWh produit, mais cela reste encore à confirmer.
  • Ainsi, une première estimation montre que le kWc installé :
    • coûte tout compris au moins 2 000 €, à condition d’avoir des frais de raccordement acceptables,
    • peut produire 1 000 kwh par an et rapporter autour de 90 €.
    • L’amortissement brut est donc de l’ordre de 22 ans. Ce qui porte l’amortissement net à au moins 25 ans.Comme on le voit, l’une des clés de la faisabilité repose sur la maîtrise des coûts de raccordement.
  • Si l’obligation d’achat faite à EDF continue de se limiter à des installations d’au maximum 100 kWc, il pourra être envisagé de construire une ombrière couvrant 33 places. Son coût de construction se situera entre 200 000 et 250 000 €. Elle serait en capacité, si elle est normalement efficiente, de produire autour de100 000 kWh par an, et générerait un revenu brut annuel de l’ordre de 9000 à 10000 €, selon le tarif en vigueur au moment de sa demande de raccordement au réseau.

En conclusion, les ombrières restent une opportunité à explorer, mais un investissement qu’il convient de raisonner au plus juste dans la mesure où sa rentabilité n’est pas facilement démontrable

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